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« Un organisme programmable » voilà comment est décrit le produit d’une collaboration entre des chercheurs des universités du Vermont et de Tufts dans le Massachusetts (USA) définition donnée par eux-mêmes. Zoom (et pas des moindres) sur une révolution technologique qui soulève quelques problèmes éthiques.

Quand l'Homme joue à Dieu

 

Ces organismes robotisés ont été créés à partir de cellules souches de grenouille, plus précisément des cellules de peau et du cœur de centaines de “Xenopus laevis”, une espèce que l’on retrouve principalement en Afrique. Ces cellules ont été séparées et incubées, puis un algorithme a été chargé de créer une multitude de designs selon des critères définis par les chercheurs, éliminer les moins appropriés et choisir ceux qui répondent le plus à la demande. Les cellules incubées ont ensuite été assemblées selon les modèles donnés et la magie a opéré. Grâce aux cellules de cœur, les « formes de vie » nouvellement créées et inédites sur Terre ont pu se déplacer par des battements, de façon autonome.

Des applications infinies

D’une taille inférieure au millimètre, et ayant une durée de vie d’une dizaine de jours (voir plus si elles évoluent dans un milieu riche en nutriments) elles pourraient servir à délivrer des médicaments dans des zones précises du corps, nettoyer les veines et artères de caillots ou de plaques de sang, à nettoyer les océans des micro-plastiques, identifier et collecter des substances dangereuses ou radioactives dans des environnements inaccessibles aux humains.

Un des avantages de cette création, c’est sa faculté à s’auto-réparer après avoir été altérée (coupée en deux par exemple) et à reprendre sa tâche comme si de rien n’était. Coupez un robot en deux, et il est bon pour la poubelle générant de la pollution et des déchets. Pareil pour un être vivant (certaines espèces possèdent des capacités de régénération similaires mais pas sans conséquences). Ces bio-robots ne meurent que lorsqu’ils sont à cours d’énergie, de protéines en l’occurrence, et se désagrègent en cellules mortes.

Pour ce qui est de l’éthique, ils ne peuvent pas être considérés comme des organismes vivants à part entière puisqu’ils sont dénués de cerveau, d’organes reproducteurs ainsi que de système nerveux sensible. Ils ne peuvent pas se répliquer ni évoluer, et encore moins agir par eux-mêmes. Ce sont des programmes et non des êtres vivants d’après les chercheurs. Mais dans les pires scénarios, ils pourraient être utilisés comme arme biologique ce qui poserait des gros problèmes. La question de l’intégration d’un système nerveux qui les rapprocherait un peu plus du « vivant » pose aussi un problème d’éthique.

Il peut être bon de mentionner que l’étude ayant mené à cette découverte a été financée par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) l’agence Américaine chargée de développer des nouvelles technologies à usage militaire. Cet usage devra donc être considéré sans tomber dans la paranoïa, il est très peu probable qu’un gouvernement utilise cette invention contre l’espèce humaine, les conséquences pouvant être désastreuses. Cet usage est par ailleurs interdit par la Convention sur l’interdiction des armes biologiques (CABT), un traité multilatéral signée par 180 pays.

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