Le CES est au cœur de l’actualité tech, mais c’est un autre sujet que nous allons aborder ici: Starlink, le projet d’Elon Musk destiné à fournir un accès internet global par satellite.

Comment ça marche ?

Pour ce faire, des mini-satellites (1,1 x 0,7 x 0,7 mètres) en grand nombre (12000 prévus) vont être placés en orbite basse, entre 1100 et 1300 kms d’altitude, afin de fournir une couverture internet à l’échelle mondiale. Deux prototypes ont été lancés en 2018 pour préparer un déploiement en 2019 et une mise en service en 2020. Le déploiement a déjà commencé, provoquant une recrudescence des signalements d’OVNI par les personnes n’ayant pas eu vent du projet. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg des potentiels problèmes causés par cette innovation. Parmi eux, le risque de collision entre eux et avec d’autres satellites commerciaux, mais aussi (et surtout) une « pollution » du ciel accrue qui pourrait rendre compliqué travail des astronomes à travers le monde, étant donné que Starlink est le premier mais sûrement pas le dernier projet de ce type.

La porte ouverte à toutes les fenêtres

D’autres entreprises pourraient lancer des flottes de satellites à des fins commerciales comme par exemple StartRocket, qui prévoit d’utiliser ce procédé pour créer des panneaux publicitaires orbitaux, ou le projet StarCanvas de la firme japonaise ALE (Astro Live Experiences) qui consiste à déclencher des pluies d’étoiles filantes artificielles en lâchant des sphères colorées depuis des satellites.

La pollution lumineuse, actuellement limitée aux zones urbaines, générée par ces projets pourrait avoir une influence néfaste sur les cycles naturels des animaux et des plantes mais pourrait également causer des difficultés de navigation pour les avions et véhicules spatiaux, sans compter les débris qui viendraient s’ajouter à la quantité déjà faramineuse de déchets spatiaux en orbite: Depuis le début de la conquête spatiale, 30.000 pièces de plus de 10cm de diamètre, 300.000 de plus d’1cm et 30 millions de plus d’1mm. Extrêmement dangereux puisque très rapides (entre 7 et 10 km/s, soit 25200km/h et 36000km/h), leur nombre ne cesse d’augmenter chaque année. Dans le film Gravity (2013) d’Alfonso Cuarón (à voir, très bien réalisé), une équipe d’astronautes qui travaille sur un satellite en orbite est heurtée par une vague de ces débris, qui détruisent tout sur leur passage. Un des astronautes est d’ailleurs tué instantanément par un débris de la taille d’un biscuit LU™, lui laissant un trou béant à la place de la tête.

Malheureusement ce genre de scénario se rapproche de plus en plus de l’anticipation que de la science-fiction, et les astronautes des différentes stations spatiales présentes (l’ISS étant la seule encore en activité) et à venir pourraient être exposés à un danger de plus.

Les discussions sont ouvertes

Ces problèmes ont été abordés durant une session spéciale de la conférence de l’American Astronomical Society à Hawai, durant laquelle le souci de la visibilité importante des satellites Starlink fut le point principal.

En effet, comme dit plus haut (et visible ci-dessous) le train de satellites est visible dans le ciel à l’œil nu durant la phase de mise en orbite et ceux-ci restent observables sans matériel même lorsqu’ils sont placés, particulièrement à cause de leurs panneaux solaires de 8m. Un inconvénient mineur pour les non-astronomes bien qu’il est concevable que ce ne soit pas forcément une vision appréciable dans le ciel nocturne, mais c’est surtout pour les chercheurs et astronomes amateurs que le bât blesse. Ils pourraient en effet perturber les observations et les recherches, ajoutant des erreurs et des parasites à ceux déjà présents.

A la suite de la rencontre avec des représentants de SpaceX (la société d’Elon Musk spécialisée dans la technologie spatiale) ceux-ci ont démontré que la firme faisait preuve de bonne volonté dans son initiative de rendre moins visible ses flottes de satellite autant pour l’œil nu du public que pour les professionnels du secteur. Mais ces derniers sont tout de même inquiets, Jonathan MCDOWELL, un astronome du Harvard-Smithonian Center for Astrophysics, a déclaré que ces objets spatiaux pourraient causer des problèmes auxquels personne n’a encore pensé.

Photographie du train de satellites Starlink visible à l’oeil nu dans le ciel nocturne

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