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Le 13 décembre 2016, AMD annonçait la sortie d’une nouvelle gamme de processeurs baptisés « Ryzen ». Basés sur l’architecture Zen et gravés en 14 nm, ces processeurs seront couplés à la carte mère via un nouveau socket AM4, et supportent la mémoire vive DDR4.

Les différents processeurs de la gamme Ryzen:

Ryzen 7 : 3 processeurs (1700, 1700x, 1800) respectivement cadencés à 3.0, 3.4 et 3.6 ghz, possédant 8 cœurs physiques et 16 cœurs logiques.

Ryzen 5 : 4 processeurs (1400, 1500x, 1600, 1600x) respectivement cadencés à 3.2, 3.5, 3.2 et 3.6 ghz, possédant 4 cœurs physiques et 8 cœurs logiques pour le 1400 et le 1500x, et 6 cœurs physiques et 12 cœurs logiques pour le 1600 et le 1600x.

Ryzen 3 : 2 processeurs (1200, 1300x) respectivement cadencés à 3.1 et 3.5 ghz, possédant 4 cœurs physiques et 4 cœurs logiques.

Ryzen Threadtripper : 3 processeurs (1900x, 1920x, 1950x) respectivement cadencés à 3.8, 3.5 et 3.4 ghz. cette gamme de processeurs est située dans le haut de gamme, et bénéficie d’un socket spécifique TR4.

Nous ne nous attarderons pas plus concernant les spécificités de ces processeurs, l’intérêt de cet article étant plutôt de faire une sorte de bilan quasiment un an après la sortie du premier processeur Ryzen puis de recenser et d’analyser les dernières annonces fournies par AMD en marge du ces 2018.

Des débuts difficiles.

L’annonce de cette nouvelle gamme de processeurs a suscité beaucoup d’attentes de la part des principaux acteurs du marché (fabricants de carte mère, sites de e-commerce etc etc) mais également des consommateurs lambda. En effet, Intel se posait avant la sortie de Ryzen comme leader incontesté du marché du microprocesseur, grignotant jusqu’à 80% du marché lorsque AMD était au plus mal… Autant dire que la firme était attendue au tournant surtout que le développement de l’architecture zen a pris 4 années.

 

Part de marché processeurs Intel et AMD entre 2004 et 2017
                                                           Part de marché processeurs Intel et AMD entre 2004 et 2017

 

Les débuts de Ryzen ont été plutôt compliqués. On a presque senti une sortie quelque peu précipitée, quitte à mettre la pression sur les fabricants de carte mère. Nous nous sommes donc retrouvés avec une offre très pauvre niveau cartes mères à la sortie des trois premiers processeurs. Néanmoins, les différents articles des sites spécialisés accueillent ces nouveaux processeurs de manière plutôt favorables, et les différents benchmarks sont plutôt prometteurs, montrant des performances alléchantes, notamment dans le domaine applicatif. Les performances en jeu restent en deçà de ce que propose Intel, mais sont tout à fait honorables par rapport à la génération précédente de processeurs AMD. 

Malheureusement, très vite des soucis de jeunesse apparaissent. A mon avis, 2 problèmes majeurs ont quelque peu grevé le succès d’AMD lors de la sortie de ces puces. Tout d’abord, la cacophonie au niveau de la mémoire vive. AMD annonçait le support de la DDR4 jusqu’à 2667 mhz. beaucoup d’utilisateurs furent surpris au moment de lancer leurs nouvelles configurations fraîchement montées, de voir leurs kit de ddr4 non reconnus, ou reconnus à « seulement » 2133 mhz. Cela concernait également les quelques kits référencés dans les listes QVL. (listes de composants garantis compatibles fournies par les fabricants de carte mère) Assez rapidement AMD annonça une mise à jours de l’AGESA (micro logiciel présent dans le bios des cartes mères et permettant d’amorcer le démarrage et l’initialisation des cores des processeurs AMD) qui permettrait une meilleur compatibilité avec les kits de DDR4. Cette mise à jour sera distribué via des mises à jour du bios, ce qui va augmenter un peu la pression sur les fabricants de carte mère. Cela va refroidir (et on les comprend vu les prix de la DDR4 à l’époque et encore aujourd’hui) beaucoup d’utilisateurs qui pensaient monter une nouvelle configuration à base de Ryzen. Le deuxième problème concerne la température. En effet, deux processeurs sont concernés, et affichent une température de 20° supérieure à la température réelle du processeur. AMD justifie cela par une technique permettant une meilleure stratégie de refroidissement, et déclare qu’il n’y a rien d’alarmant. On pourra également parler des petits soucis rencontrés avec Windows 10, qui briderait les performances des Ryzen, ce qui obligera AMD à sortir un patch, se résumant en gros à la création d’un profil de mode de gestion de l’alimentation se nommant AMD Ryzen équilibré.

Pour conclure, on peut donc dire que ces défauts relevés ont entaché la sortie et les promesses fait par le fondeur, mais l’arrivée de ces nouveaux processeurs reste néanmoins une belle réussite pour AMD. Il ne faut pas se voiler la face, si ces puces se révèlent être redoutablement efficaces en applicatif, Intel reste le plus performant pour le jeu.  Le principal intérêt de ces puces Ryzen est à mon avis d’avoir réussi à mettre un coup de pied dans la fourmilière, et de relancer la concurrence dans un marché trop longtemps ultra dominé par Intel, qui se complaisait à cette place et proposait moins d’évolutions, et surtout des prix exorbitants. Depuis la sortie de Ryzen, on remarque bien qu’Intel se remet en question, et prépare sa réplique. (Cela sera évoqué dans un prochain article) 

De nouvelles annonces.

En marge du CES, AMD nous a dévoilé sa feuille de route pour les trois années à venir. La première annonce notable est une baisse générale du prix de la gamme de processeurs sortie en 2017. Cela permet de coller un peu plus à la nouvelle gamme Intel (8ième génération, Coffe Lake) et de rester compétitif. Cette baisse de prix permettra à un plus grand nombre d’utilisateurs de passer le cap et de monter une configuration avec une puce Ryzen. La seconde annonce me semble la plus intéressante. En effet, la production de puces Ryzen seconde génération (Ryzen 2000) gravés en 12 nm est déjà lancée pour une sortie probable au mois d’avril de cette année. AMD annonce un gain de performances de l’ordre de 10%, mais cela restera à confirmer, aucun benchmark n’étant disponible à ce jour. Ces processeurs seront compatibles avec les cartes mères actuelles, moyennant une mise à jour du bios. AMD annonce également un nouveau chip-set x470 dont on ne sait pas grand chose pour l’instant. Le fondeur annonce enfin la production de processeurs (Ryzen 3000) adoptant l’architecture zen 2 et gravés en 7 nm pour 2019, et des puces (Ryzen 4000) basés sur l’architecture zen 3 (gravés en 7 nm nouvelle génération) pour 2020.

AMD a également annoncé des puces pour ordinateurs portables, et de nouvelles générations de puces graphiques Vega, j’évoquerai ces annonces dans un article plus ciblé sur les ordinateurs portables, et sur les cartes graphiques.

 

Tableau récapitulatif de la gamme Ryzen et baisse de prix annoncée par AMD
Tableau récapitulatif de la gamme Ryzen et baisse de prix annoncée par AMD
Caractéristiques gamme Ryzen 2000
Caractéristiques gamme Ryzen 2000
Feuille de route 2018 gamme Ryzen
Feuille de route 2018 gamme Ryzen

 

 

Conclusion:

AMD a frappé un grand coup en sortant sa première génération de puces Ryzen. En effet, malgré quelques défauts de jeunesse (évoqués plus haut), les performances ont été au rendez vous. L’autre point fort est la longévité du socket am4, annoncé jusqu’en 2020. On peut d’ailleurs noter avec les annonces de janvier que cela est bien vrai et qu’il y aura bien rétro compatibilité avec les cartes mères actuelles et les Ryzen 2000. Cela a permis au fondeur de montrer aux principaux acteurs du marché qu’il souhaitait revenir dans la course après avoir délaissé ce secteur pendant quelques années.  Avec ses nouvelles annonces, AMD montre clairement ses intentions, à savoir grignoter des parts de marché à Intel, et bousculer un peu les « règles » mises en places ces dernières années. Il reste néanmoins plusieurs étapes à franchir. Il faut réussir à convaincre les fabricants de composants d’intégrer ces puces dans leurs configurations (qu’elles soient mobiles ou de bureau), mais également de proposer une offre étoffée de cartes mères compatibles à tous les formats. Il faudra aussi convaincre les utilisateurs, qui ont été quelque peu refroidis par les soucis rencontrés lors du lancement des Ryzen 7. J’ai moi même été confronté à ces soucis lors du choix des composants de ma nouvelle configuration, il m’a fallu du temps pour trouver des informations fiables et des composants de qualité sans soucis de compatibilité. le prix reste tout de même un frein au passage en Ryzen, notamment avec les soucis concernant la mémoire vive. Des kits de mémoire vive compatibles sont vendus plus chers que le processeur, ce qui est un réel frein. 

 

 

sources : amd, intel, lesnumeriques.com, clubic.com , tomshardware.fr, lemondeinformatique.fr, hardware.fr, nextinpact.com, silicon.fr

 

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